L’Avesta est le recueil des textes sacrés du Zoroastrisme, la religion fondée par le prophète Zarathoustra (ou Zoroastre). Ce corpus, dont la composition s’est étendue sur plusieurs siècles, est une source précieuse pour comprendre la cosmologie, la théologie, l’éthique et les pratiques rituelles de cette ancienne religion. Au cœur de l’Avesta se trouvent les Gathas, les hymnes les plus anciens et les plus sacrés, attribués à Zarathoustra lui-même – Illustration: Yasna 28.1, Ahunavaiti Gathr, Public domain, via Wikimedia Commons.
L’Avesta : un corpus composite et fragmentaire
Le terme « Avesta » (du pahlavi abestāg) signifie littéralement « texte de base » ou « loi ». L’Avesta tel que nous le connaissons aujourd’hui est le résultat d’une longue histoire de transmission orale et écrite, marquée par des pertes et des reconstitutions. L’Avesta complet, tel qu’il existait à l’époque sassanide (IIIe-VIIe siècles ap. J.-C.), était beaucoup plus vaste que ce qui nous est parvenu.
L’Avesta est divisé en plusieurs parties, dont les principales sont :
- Le Yasna (यस्न) : cette section contient les textes liturgiques utilisés lors des cérémonies sacrificielles. Elle comprend les Gathas, qui en constituent le cœur.
- Les Yashts (यश्त) : ce sont des hymnes dédiés à différentes divinités (les Yazatas), décrivant leurs attributs et leurs exploits.
- Le Vendidad (विदे दात) : ce texte traite des lois rituelles et des purifications, notamment celles liées à la lutte contre les démons et les impuretés.
- Le Visperad (विस्प रद) : ce recueil contient des invocations et des offrandes adressées à tous les êtres spirituels.
- Le Khorda Avesta (खोर्दा अवेस्ता) : le « Petit Avesta » est un recueil de prières et de textes plus courts, destinés à l’usage quotidien des fidèles.
Les Gathas : le cœur de la révélation zoroastrienne
Les Gathas (गाथा) sont les cinq hymnes les plus anciens et les plus sacrés de l’Avesta. Ils sont écrits dans une langue avestique archaïque, différente de la langue des autres parties de l’Avesta, ce qui témoigne de leur ancienneté. La tradition les attribue directement à Zarathoustra lui-même.
Les Gathas expriment les idées centrales du Zoroastrisme :
- Le monothéisme : l’affirmation de l’existence d’un Dieu suprême, Ahura Mazda (le Seigneur Sage), créateur de l’univers et source de tout bien.
- Le dualisme cosmique : la lutte entre Ahura Mazda et Angra Mainyu (l’Esprit Destructeur), représentant le mal et le chaos.
- Le libre arbitre : l’homme est libre de choisir entre le bien et le mal, et est responsable de ses actes.
- L’éthique : l’importance des bonnes pensées, des bonnes paroles et des bonnes actions.
- L’eschatologie : la croyance en un jugement dernier et en la résurrection des morts.
Les Gathas sont écrits dans un style poétique complexe, utilisant des métaphores et des allégories. Ils ne sont pas des récits narratifs, mais plutôt des méditations et des invocations adressées à Ahura Mazda. Leur interprétation a fait l’objet de nombreux commentaires et débats au cours des siècles.
La datation précise de Zarathoustra et des Gathas est sujette à controverse. Les estimations varient entre le XVIIe et le VIe siècle av. J.-C. La tradition situe souvent Zarathoustra au VIe siècle av. J.-C., contemporain de Cyrus le Grand, mais des recherches récentes suggèrent une date plus ancienne.
La transmission de l’Avesta a été principalement orale pendant plusieurs siècles. La première transcription écrite date probablement de l’époque sassanide. Cependant, de nombreux textes ont été perdus au cours des invasions et des conflits. Ce qui nous est parvenu aujourd’hui est une version fragmentaire de l’Avesta original – Illustration: Fhesse, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Importance de l’Avesta et des Gathas
L’Avesta et, en particulier, les Gathas, sont d’une importance capitale pour comprendre le Zoroastrisme. Ils constituent la source principale de la doctrine zoroastrienne et offrent un aperçu unique sur la pensée religieuse de l’Antiquité. Leur influence sur les religions abrahamiques, notamment le judaïsme, le christianisme et l’islam, est considérable.












