Montée du Mont Carmel : un voyage mystique qui résonne avec les chemins énergétiques du yoga

Dans le domaine du chemin spirituel, les enseignements et les représentations symboliques, qu’ils proviennent de traditions mystiques chrétiennes, de pratiques orientales comme le yoga ou de la méditation, s’entrelacent souvent de manière étonnante.

Bien que chaque tradition ait ses propres images et concepts, elles partagent une vision commune du cheminement intérieur, qu’il s’agisse de la rencontre avec le soi profond, de l’unité avec la conscience universelle ou de l’union avec Dieu.

La célèbre illustration de Saint Jean de la Croix, « Montée du Mont Carmel », offre une carte de ce voyage mystique, qui résonne fortement avec les enseignements du yoga, en particulier ceux qui portent sur le corps énergétique.

Cette représentation peut être une source d’inspiration et d’éclairage pour ceux qui pratiquent le yoga ou la méditation, car elle reflète des concepts proches de ceux que l’on trouve dans les voies de purification et le travail sur les canaux énergétiques.

La Montée du Mont Carmel : une carte mystique vers l’union divine

Cette illustration représente la Montée du Mont Carmel selon la vision mystique de Saint Jean de la Croix, mystique et poète du XVIe siècle.

Dans son ouvrage « Montée du Mont Carmel », il décrit le cheminement spirituel de l’âme vers l’union divine, un parcours exigeant de purification et de transformation. Ce schéma peut être vu comme une métaphore de l’ascension intérieure que chaque individu doit entreprendre pour se rapprocher de la divinité.

Le Mont Carmel, dans ce contexte, est plus qu’une montagne géographique. C’est un sommet représentant la pureté et la sainteté, un lieu où l’âme peut rencontrer Dieu. Jean de la Croix nous invite à gravir cette montagne pour nous libérer des attachements matériels et des désirs égoïstes.

La représentation de la montagne peut être comparée à l’ascension des chakras dans le yoga, chaque niveau correspondant à un centre énergétique à purifier pour progresser sur le chemin spirituel. Le sommet de la montagne, où réside l’union avec Dieu, résonne avec l’idée d’unification de l’énergie dans le sahasrara, le chakra couronne.

Les trois chemins : le chemin central et les voies erronées

Dans le schéma, nous voyons trois voies distinctes menant à différents types de destinées spirituelles. Le chemin central, marqué par l’inscription « Nada » — signifiant « rien » en espagnol — représente la voie de la purification totale et du détachement. Ce mot « nada » apparaît sept fois dans la représentation de Saint Jean, ce qui n’est pas anodin. Cette répétition symbolique pourrait être vue comme une évocation des différents niveaux de purification que l’âme doit traverser pour atteindre la pureté complète.

Pour les pratiquants de yoga, cette répétition du mot « nada » sept fois peut évoquer les sept chakras, chaque « nada » représentant un niveau où un attachement ou un obstacle est abandonné, permettant l’élévation de l’énergie le long du canal central. Dans cette optique, le chemin chrétien vers Dieu résonne avec l’idée d’une purification progressive à travers les différents centres intérieurs, menant à une conscience plus élevée.

Les voies de gauche et de droite, marquées par des désirs et des illusions, mènent à des impasses. Jean de la Croix nous enseigne que, même si ces voies semblent offrir des gratifications immédiates, elles ne mènent pas à l’union avec Dieu. Ce message est une invitation à dépasser les distractions et à éviter les illusions qui peuvent détourner l’âme de son but.

Dans la tradition yogique, ce chemin central rappelle l’ascension le long du sushumna, le canal central de l’énergie, qui traverse la colonne vertébrale et mène à la transcendance. Ce canal est souvent associé à la libération spirituelle et à l’unité du soi avec l’absolu. À l’opposé, les chemins de gauche et de droite, représentés comme des voies erronées, font écho aux canaux latéraux, ida et pingala, qui sont essentiels à l’équilibre énergétique mais qui, utilisés isolément, ne mènent pas à la libération. Ces canaux, tout comme les chemins erronés de l’illustration, représentent des distractions ou des attachements aux plaisirs matériels et aux satisfactions temporaires qui éloignent du but.

Le chemin de purification : la nuit obscure

Le chemin central, marqué par l’expression « rien, rien, rien » et « seulement Dieu », évoque la nuit obscure, une phase de purification radicale où l’âme traverse un état de vide et de souffrance intérieure. Ce passage douloureux est perçu comme nécessaire pour la purification totale de l’âme, qui se détache de ses désirs et de ses illusions. Jean de la Croix décrit cette période comme un vide intérieur où l’âme semble abandonnée de toute consolation, mais c’est précisément ce vide qui prépare l’âme à recevoir la lumière divine.

Le concept de la « nuit obscure » trouve un écho intéressant dans la pratique méditative où le silence intérieur et l’abandon des pensées peuvent donner lieu à un état de vide, souvent ressenti comme un obstacle au début de la pratique. Pourtant, ce vide est également un espace de potentialité pure, où l’énergie kundalini, la force spirituelle latente, un fois éveillée, peut s’élever et se manifester pleinement.

L’anthropomorphisme : une transformation intérieure

L’illustration représente le Mont Carmel de manière anthropomorphique, avec une tête et des bras formant les chemins. Cette vision symbolique suggère que le voyage spirituel est avant tout une transformation intérieure, qui affecte toutes les dimensions de l’être, y compris le corps. Le corps humain, dans cette représentation, devient le véhicule de l’âme qui monte vers l’unité divine.

Cette anthropomorphie peut être comparée à la manière dont le corps, dans le yoga, est perçu comme un temple où les canaux énergétiques et les chakras sont les points de passage pour la circulation de l’énergie. La montée vers le sommet de la montagne peut ainsi être vue comme un voyage intérieur qui engage tout l’être, entendu tous les corps du plus grossier au plus subtil.

A retenir…

Le schéma de la Montée du Mont Carmel de Saint Jean de la Croix offre une vision profonde et symbolique du chemin spirituel, un chemin de purification qui mène à l’union divine. Cette représentation invite le lecteur chrétien à méditer sur l’importance du renoncement progressif à tout ce qui est « non-Dieu ». En répétant « nada » sept fois, Jean de la Croix souligne l’exigence d’un dépouillement intégral à travers chaque niveau de notre être, nous rapprochant ainsi de l’union avec Dieu. N’est-ce pas un guide pour quiconque s’engage dans un chemin spirituel, qu’il soit chrétien, yogique, ou contemplatif ?

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