{"id":40825,"date":"2026-06-04T13:34:59","date_gmt":"2026-06-04T11:34:59","guid":{"rendered":"https:\/\/ekongkar.yoga\/?p=40825"},"modified":"2026-06-04T13:35:36","modified_gmt":"2026-06-04T11:35:36","slug":"le-roman-narcissique-de-lame","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ekongkar.yoga\/?p=40825","title":{"rendered":"Le roman narcissique de l\u2019\u00e2me"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-40827 alignleft\" src=\"https:\/\/ekongkar.yoga\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/romandelame-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"380\" height=\"253\" srcset=\"https:\/\/ekongkar.yoga\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/romandelame-300x200.jpg 300w, https:\/\/ekongkar.yoga\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/romandelame-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/ekongkar.yoga\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/romandelame-100x67.jpg 100w, https:\/\/ekongkar.yoga\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/romandelame-768x512.jpg 768w, https:\/\/ekongkar.yoga\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/romandelame-150x100.jpg 150w, https:\/\/ekongkar.yoga\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/romandelame.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 380px) 100vw, 380px\" \/>Il existe une mani\u00e8re tr\u00e8s subtile de <strong><span style=\"color: #008080;\">prolonger l\u2019attachement \u00e0 soi tout en croyant parler de spiritualit\u00e9<\/span><\/strong>. Elle consiste \u00e0 donner au moi une profondeur sacr\u00e9e, \u00e0 lui inventer une histoire plus vaste, plus ancienne, plus myst\u00e9rieuse, et \u00e0 l\u2019appeler \u00ab\u00a0\u00e2me\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le mot est beau. Il porte une longue m\u00e9moire religieuse, po\u00e9tique, philosophique. Il \u00e9voque l\u2019intime, l\u2019invisible, la part de nous qui \u00e9chappe \u00e0 la mati\u00e8re imm\u00e9diate, \u00e0 la m\u00e9canique du corps, aux circonstances de l\u2019existence. Il serait absurde de vouloir le r\u00e9duire \u00e0 une simple illusion langagi\u00e8re ou \u00e0 un reste de superstition. Pourtant, <strong><span style=\"color: #008080;\">dans certaines lectures spirituelles modernes, l\u2019\u00e2me devient autre chose<\/span><\/strong>. Elle devient le personnage principal d\u2019un grand r\u00e9cit personnel.<\/p>\n<p>Elle aurait travers\u00e9 les si\u00e8cles. Elle aurait connu d\u2019autres vies, d\u2019autres visages, d\u2019autres blessures, d\u2019autres missions. Elle aurait choisi ses \u00e9preuves, retrouv\u00e9 ses compagnons, pr\u00e9par\u00e9 ses rencontres, accumul\u00e9 des dettes, port\u00e9 des m\u00e9moires. <strong><span style=\"color: #008080;\">Ainsi se construit peu \u00e0 peu un roman int\u00e9rieur, parfois tr\u00e8s s\u00e9duisant, o\u00f9 le moi ne dispara\u00eet jamais vraiment.<\/span> <\/strong>Il change de costume. Il traverse les d\u00e9cors. Il se spiritualise. Il se donne une profondeur cosmique. Mais il reste au centre de la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>C\u2019est ce que l\u2019on pourrait appeler <strong><span style=\"color: #993300;\">le roman narcissique de l\u2019\u00e2me<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas ici de juger les croyances de chacun, ni de m\u00e9priser ce que ces r\u00e9cits peuvent parfois apporter de consolation, d\u2019apaisement ou de sens. Beaucoup de personnes trouvent dans cette repr\u00e9sentation une fa\u00e7on de traverser la souffrance, de comprendre certains liens, de donner une coh\u00e9rence \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements douloureux. Le besoin de sens est profond\u00e9ment humain. Il m\u00e9rite respect et d\u00e9licatesse.<\/p>\n<p>Mais la voie int\u00e9rieure demande aussi une vigilance. Toute consolation n\u2019est pas lib\u00e9ration. Tout r\u00e9cit qui apaise n\u2019\u00e9claire pas n\u00e9cessairement. Il arrive qu\u2019une id\u00e9e spirituelle nous soulage pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019elle prot\u00e8ge ce que la pratique devrait doucement mettre en question : <strong><span style=\"color: #008080;\">notre attachement \u00e0 \u00eatre quelqu\u2019un<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p>La non-dualit\u00e9 d\u00e9place radicalement le regard. Elle ne demande pas d\u2019abord : \u00ab\u00a0Qui ai-je \u00e9t\u00e9 ?\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Que deviendra mon \u00e2me ?\u00a0\u00bb Elle demande plus simplement, et plus vertigineusement : <strong><span style=\"color: #008080;\">\u00ab\u00a0Qui suis-je ?\u00a0\u00bb<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on cherche ce moi, on trouve des sensations, des pens\u00e9es, des souvenirs, des pr\u00e9f\u00e9rences, des peurs, des \u00e9lans, des blessures, des habitudes. On trouve une histoire. On trouve une continuit\u00e9 apparente. On trouve un nom, un visage, une biographie, des relations, des fid\u00e9lit\u00e9s, des d\u00e9sirs. Mais <strong><span style=\"color: #008080;\">trouve-t-on une entit\u00e9 fixe, ind\u00e9pendante<\/span><\/strong>, permanente, qui poss\u00e9derait tout cela ?<\/p>\n<p>La voie non-duelle invite \u00e0 regarder tr\u00e8s simplement. Ce que nous appelons \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb est un tissu mouvant d\u2019exp\u00e9riences. Rien n\u2019y est stable. Le corps change, les \u00e9motions changent, les opinions changent, les croyances changent, les souvenirs eux-m\u00eames se transforment \u00e0 mesure qu\u2019ils sont racont\u00e9s. <strong><span style=\"color: #008080;\">Ce que nous prenons pour une identit\u00e9 solide est en grande partie une narration continuellement r\u00e9\u00e9crite<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p>Cela ne signifie pas que rien n\u2019existe. Cela signifie que ce qui existe ne se pr\u00e9sente pas sous la forme d\u2019un petit propri\u00e9taire int\u00e9rieur, s\u00e9par\u00e9 du monde, install\u00e9 derri\u00e8re les yeux, pilotant l\u2019existence comme un conducteur dans son v\u00e9hicule. L\u2019exp\u00e9rience est l\u00e0. La conscience est l\u00e0. La vie est l\u00e0. Mais <strong><span style=\"color: #008080;\">le possesseur de tout cela, lorsqu\u2019on le cherche vraiment, se d\u00e9robe<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #993300;\">C\u2019est ici que le th\u00e8me de l\u2019\u00e2me devient d\u00e9licat.<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Dans certaines traditions, l\u2019\u00e2me d\u00e9signe une profondeur de l\u2019\u00eatre, une dimension spirituelle, une ouverture vers l\u2019infini. Dans d\u2019autres approches, elle devient presque une personne invisible, plus durable que le corps, mais dot\u00e9e des m\u00eames habitudes d\u2019appropriation : mon \u00e2me, mon chemin, mes vies, ma mission, mon \u00e9volution, mes m\u00e9moires, ma destin\u00e9e. <strong><span style=\"color: #008080;\">Le langage de l\u2019\u00e2me peut alors devenir un raffinement du langage de l\u2019ego<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p>Le moi ordinaire dit : \u00ab\u00a0Voil\u00e0 ce que je suis dans cette vie.\u00a0\u00bb Le moi spiritualis\u00e9 dit : \u00ab\u00a0Voil\u00e0 ce que je suis depuis plusieurs vies.\u00a0\u00bb Dans les deux cas, <strong><span style=\"color: #008080;\">le centre demeure le m\u00eame : une histoire \u00e0 d\u00e9fendre, une identit\u00e9 \u00e0 prolonger, un personnage \u00e0 rendre plus int\u00e9ressant<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p>Or, la spiritualit\u00e9 v\u00e9ritable n\u2019a peut-\u00eatre pas pour fonction de rendre le personnage plus vaste. Elle n\u2019a pas pour but de donner au moi une g\u00e9n\u00e9alogie cosmique. Elle ne vient pas n\u00e9cessairement enrichir notre biographie d\u2019\u00e9pisodes invisibles. Elle vient plut\u00f4t<strong><span style=\"color: #008080;\"> desserrer l\u2019identification \u00e0 toute biographie<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p>Nous aimons les histoires, et cela est naturel. L\u2019\u00eatre humain se raconte pour survivre, pour aimer, pour transmettre, pour gu\u00e9rir. Une vie sans r\u00e9cit serait difficilement habitable. Mais le danger appara\u00eet lorsque le r\u00e9cit devient prison. Plus encore, lorsque le r\u00e9cit devient sacr\u00e9, donc presque impossible \u00e0 questionner.<\/p>\n<p>Dire \u00ab\u00a0mon \u00e2me a choisi cela\u00a0\u00bb peut parfois aider \u00e0 accepter une \u00e9preuve. Mais cela peut aussi figer la souffrance dans une interpr\u00e9tation pr\u00e9matur\u00e9e. Dire \u00ab\u00a0je retrouve cette personne parce que nos \u00e2mes se connaissent\u00a0\u00bb peut ouvrir une tendresse. Mais cela peut aussi renforcer des attachements, des d\u00e9pendances, des illusions affectives. Dire \u00ab\u00a0je porte une m\u00e9moire ancienne\u00a0\u00bb peut donner une image \u00e0 une douleur confuse. Mais cela peut aussi \u00e9viter de regarder, ici et maintenant, les m\u00e9canismes tr\u00e8s actuels de la peur, du manque, de l\u2019attente ou de la r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n<p>La non-dualit\u00e9 ne nie pas la profondeur. Elle ne r\u00e9duit pas l\u2019\u00eatre humain \u00e0 un accident biologique. Elle ne se moque pas de l\u2019invisible. Elle invite simplement \u00e0 <strong><span style=\"color: #008080;\">ne pas transformer l\u2019invisible en th\u00e9\u00e2tre personnel<\/span><\/strong>. Elle rappelle que la v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas n\u00e9cessairement ce qui rend notre histoire plus fascinante. Elle est peut-\u00eatre ce qui nous lib\u00e8re de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019avoir une histoire fascinante.<\/p>\n<p>Certaines voies de la connaissance int\u00e9rieure abordent cette question avec une radicalit\u00e9 particuli\u00e8re. <strong><span style=\"color: #008080;\">Ce que nous appelons une personne y appara\u00eet comme un ensemble d\u2019\u00e9l\u00e9ments impermanents<\/span><\/strong> : formes, sensations, perceptions, formations mentales, conscience. Rien, dans cet ensemble, ne peut \u00eatre d\u00e9sign\u00e9 comme un soi permanent. Il y a continuit\u00e9, mais cette continuit\u00e9 n\u2019implique pas une substance fixe. Il y a causalit\u00e9, mais cette causalit\u00e9 ne suppose pas une \u00e2me voyageuse. Il y a transmission d\u2019effets, d\u2019empreintes, de tendances, mais il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019imaginer une entit\u00e9 qui passerait intacte d\u2019un \u00e9tat \u00e0 un autre.<\/p>\n<p>Une flamme peut en allumer une autre. La seconde n\u2019est pas exactement la premi\u00e8re, et pourtant elle n\u2019est pas sans lien avec elle. Une vague se forme, se d\u00e9ploie et dispara\u00eet, mais l\u2019oc\u00e9an ne cesse pas. Une parole prononc\u00e9e continue d\u2019agir dans celui qui l\u2019a entendue, sans qu\u2019un objet solide ait \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9. De m\u00eame,<strong><span style=\"color: #008080;\"> la continuit\u00e9 de l\u2019existence peut \u00eatre pens\u00e9e sans faire intervenir un moi permanent qui voyagerait de corps en corps<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p>Le mot \u00ab\u00a0remanifestation\u00a0\u00bb peut parfois \u00eatre plus juste que celui de r\u00e9incarnation, si l\u2019on veut \u00e9viter l\u2019image trop simple d\u2019une \u00e2me qui d\u00e9m\u00e9nage. Il sugg\u00e8re <strong><span style=\"color: #008080;\">une continuit\u00e9 sans propri\u00e9taire<\/span><\/strong>, une reprise de formes sans substance personnelle, un mouvement de causes et de conditions. Ce qui se poursuit n\u2019est pas un petit \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb \u00e9ternel. Ce qui se poursuit, c\u2019est l\u2019\u00e9lan m\u00eame de l\u2019ignorance, du d\u00e9sir, de l\u2019attachement, mais aussi des actes, des traces, des ouvertures, des lib\u00e9rations possibles.<\/p>\n<p>La question n\u2019est donc pas seulement : \u00ab\u00a0Y a-t-il une vie apr\u00e8s la mort ?\u00a0\u00bb Elle devient : <strong><span style=\"color: #008080;\">\u00ab\u00a0Qu\u2019appelons-nous vie ? Qu\u2019appelons-nous mort ? Qu\u2019appelons-nous moi ?\u00a0\u00bb<\/span><\/strong> Tant que ces mots restent pris dans l\u2019imaginaire ordinaire, nous risquons de simplement prolonger nos peurs et nos d\u00e9sirs au-del\u00e0 de la limite du corps.<\/p>\n<p>Nous voulons survivre. Nous voulons que quelque chose de nous continue. Nous voulons que l\u2019amour ne soit pas perdu, que les injustices soient r\u00e9par\u00e9es, que les rencontres aient une explication, que les douleurs aient une origine, que les manques trouvent un sens. Cette aspiration est profond\u00e9ment compr\u00e9hensible. Mais<strong><span style=\"color: #008080;\"> la voie spirituelle ne consiste pas toujours \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cette aspiration<\/span><\/strong> dans les termes o\u00f9 elle se formule. Elle peut parfois l\u2019apaiser en la traversant, jusqu\u2019\u00e0 ce que celui qui veut survivre soit lui-m\u00eame interrog\u00e9.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #993300;\">Qui veut durer ?\u00a0Qui a peur de dispara\u00eetre ? Qui r\u00e9clame une autre vie ? Qui veut que son \u00e2me soit ancienne, sp\u00e9ciale, bless\u00e9e, choisie, appel\u00e9e, destin\u00e9e ?<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Ces questions ne sont pas froides. Elles peuvent m\u00eame ouvrir une grande tendresse. Car <strong><span style=\"color: #008080;\">derri\u00e8re le roman narcissique de l\u2019\u00e2me, il y a souvent une fragilit\u00e9 immense<\/span><\/strong>. Il y a le besoin d\u2019\u00eatre reconnu, d\u2019\u00eatre aim\u00e9, d\u2019\u00eatre sauv\u00e9 de l\u2019insignifiance. Il y a la peur de n\u2019\u00eatre qu\u2019un passage. Il y a l\u2019angoisse que la vie soit trop courte, trop injuste, trop inachev\u00e9e.<\/p>\n<p>La non-dualit\u00e9 ne r\u00e9pond pas \u00e0 cette peur en donnant au moi une dur\u00e9e infinie. Elle r\u00e9v\u00e8le plut\u00f4t que ce que nous sommes r\u00e9ellement n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 dans ce moi. Elle ne promet pas au personnage de durer toujours. Elle invite \u00e0 <strong><span style=\"color: #008080;\">reconna\u00eetre ce qui, d\u00e9j\u00e0 maintenant, est plus vaste que le personnage<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas de croire que \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb suis \u00e9ternel. Il s\u2019agit de d\u00e9couvrir que la conscience, la pr\u00e9sence, l\u2019\u00eatre, ne se laissent pas r\u00e9duire \u00e0 l\u2019histoire du \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Alors, peut-\u00eatre, le mot \u00e2me peut retrouver une autre transparence. Il ne d\u00e9signe plus un individu invisible qui voyage d\u2019existence en existence. Il peut d\u00e9signer l\u2019ouverture int\u00e9rieure, la profondeur silencieuse, la dimension sacr\u00e9e de l\u2019exp\u00e9rience. Il peut devenir <strong><span style=\"color: #008080;\">un mot po\u00e9tique pour parler de ce qui nous traverse<\/span><\/strong>, plut\u00f4t qu\u2019un objet m\u00e9taphysique que nous poss\u00e9derions.<\/p>\n<p>Le roman narcissique de l\u2019\u00e2me commence lorsque nous voulons faire de l\u2019invisible la suite de notre autobiographie. <strong><span style=\"color: #008080;\">La voie int\u00e9rieure commence lorsque nous acceptons de d\u00e9poser, au moins un instant, le besoin d\u2019\u00eatre le h\u00e9ros de l\u2019histoire<\/span><\/strong>.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #993300;\">Il reste alors quelque chose de tr\u00e8s simple.<\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il existe une mani\u00e8re tr\u00e8s subtile de prolonger l\u2019attachement \u00e0 soi tout en croyant parler de spiritualit\u00e9. 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