Colonne vertébrale et mariages intérieurs

L’homme est pour Dieu ce qu’est le féminin intérieur par rapport à chacun de nous. Il constitue cette réserve d’énergie divine, ce « Tout possible divin ». Ou bien, il travaille à l’accomplissement de ce Tout possible divin, en célébrant ses mariages intérieurs, ou il s’enferme dans la répétition: banalisation, identification au monde extérieur aboutissant au désespoir.

Lorsque, à travers cette chambre nuptiale qu’est sa colonne vertébrale, l’homme renaît, il est visité par le divin. « Qu’est-ce que l’homme, pour que Tu te souviennes de lui ? » chante le psalmiste. Il faut bien comprendre qu’en hébreu, le « souvenir » divin fait référence aux épousailles.

On pourrait traduire « Qu’est-ce que l’homme pour que Tu joues un rôle mâle à l’intérieur de lui ? » « Qu’est-ce que l’homme pour que Tu le pénètres? »

Le shabat représente l’effacement nécessaire de Dieu pour que l’Homme croisse, puis son retour pour venir le nourrir, dans une sorte de respiration admirable dont la colonne vertébrale est aussi le lieu. Dans cette respiration du shabat Dieu se retire et revient nourrir, visiter, puis Il se retire encore, et revient épouser, selon l’archétype même du rythme respiratoire: tel est le jardin d’Eden, non pas un lieu extérieur, mais un lieu intérieur. Or l’homme peut aussi créer à l’extérieur un jardin d’Eden s’il vit cette transformation intime. Dedans et dehors sont en effet deux pôles qui répondent à la même réalité profonde, celle que symbolise le jardin d’Eden, l’espace de cette grande respiration divine, de ce Dieu qui se cherche en l’homme et de l’homme qui appelle Dieu continuellement, à chaque instant.

(Extrait d’un texte très riche d’Annick de Souzenelle titré: Symbolisme de la colonne vertébrale et équilibre, publié dans le n°4 / Janvier 2009 de la Revue Française de Yoga : Equilibres sur les pieds)

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