Se tenir debout, dans l’équilibre et l’équanimité

Samasthiti nous axe dans notre véritable dimension, celle-là même qui nous permet d’accéder au monde spirituel, symbolisé par le ciel.

Le corps tout entier prend le statut d’un médiateur entre la terre et l’en-haut; et surtout se fait là l’expérience d’une solidarité absolue de l’un par rapport à l’autre: du terrestre et du spirituel, non plus comme une antinomie qui oblige un choix mais bien au contraire de la nécessité de l’un pour accéder à l’autre, redonnant alors au bas: aux pieds, à la terre, leur indispensable fonction de socle, de pilier, de point d’appui.

Le Yoga retrouve alors son sens originel de joindre, d’unir, de relier. Ce qui habituellement s’oppose: le haut et le bas du corps, la terre et le ciel, l’horizontalité et la verticalité trouvent, par la posture, la voie de la réconciliation qui s’annonce dans son nom: stha qui indique une idée de fermeté, de stabilité. Sama se traduit par « égal » ce qui suggère un équilibre qui nous rapproche de l’équanimité: une égalité d’humeur, une sérénité. Si nous osions une traduction plus littéraire que textuelle, nous pourrions traduire samasthiti par: se tenir fermement debout, dans l’équilibre du corps et l’équanimité de l’esprit […]

La posture debout est pour certains un exercice spirituel, pour d’autres un moyen très « laïque » d’oeuvrer pour et dans le monde et parfois, encore, la combinaison de ces deux facettes. Aucune posture ne symbolise mieux que samasthiti cette forme d’engagement: l’homme debout qui ne courbe plus l’échine et qui dans le courage de son redressement, regarde le monde dans un face-à-face qui n’est plus celui du défi, de l’affrontement mais dans l’unique désir de le « voir » pour le comprendre.

(Extrait de « Etre debout » de Marie-Christine LECCIA, publié dans la Revue Française de Yoga, n° 32, « Etre debout, marcher », juillet 2005)

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