Quels sont les effets de la rétention du souffle

Priver ou même diminuer l’apport en oxygène à l’organisme humain déclenche de puissantes réactions de défense. Ces réactions ont été étudiées d’une manière approfondie par de nombreux spécialistes en physiologie (Extrait d’un cours d’André Van Lysebeth).

La suspension du souffle constitue un excellent exercice de contrôle du centre respiratoire au niveau cérébral, l’organe vital par excellence puisqu’une simple piqure d’épingle à son niveau tue instantanément.

Au début de l’apnée le corps a tendance à accélérer le rythme des battements cardiaques. Ensuite, il y a une adaptation au manque d’oxygène et l’organisme se met à économiser le précieux oxygène. Les cellules pulmonaires essayent d’extraire au maximum l’oxygène de l’air enfermé dans les poumons.

Les physiologistes ont analysé l’air alvéolaire expiré normalement. Ils ont recueilli l’air chassé par les poumons. Cet air contient normalement encore 15% d’oxygène, ce qui est beaucoup puisque l’air atmosphérique contient 21% d’oxygène. Chez une personne qui étouffe, ce pourcentage tombe à 7.5%.

Mais la réaction la plus remarquable de la rétention du souffle est la suivante. Le manque d’oxygène excite le centre spléno-constricteur, c’est-à-dire que la rate se contracte puissamment et chasse les globules rouges qui y sont accumulés. En quelques minutes, le nombre de globule rouges contenus dans un mm3 et qui est normalement de 5 à 5.6 millions, s’élève d’un million et plus. Ce qui est énorme si l’on songe que l’organisme contient 4 à 5 litres de sang. Cette augmentation quasi instantanée du nombre de globules rouges dans le sang explique que si au premier essai de rétention vous avez pu tenir 60 secondes, la suspension peut atteindre 90 secondes au second essais, et même 100 secondes au 3ème. Le nombre accru de globules rouges circulant dans le sang permet de fixer une plus grande quantité d’oxygène dès que de l’air frais pénètre dans les poumons et permet à l’organisme de résister plus longtemps à une nouvelle suspension du souffle.

Lorsque la respiration redevient normale, le taux accru de globules rouges reste maintenu pendant de longues heures. Celui qui pratique plusieurs exercices respiratoires par jour verra donc son sang enrichi en permanence d’un million et même plus de globules rouges par mm3 de sang au dessus de la normale. Le exercices de Hatha-Yoga, donnent donc à ce point de vue les mêmes effets qu’une cure d’altitude.

Pour résumer : 

  • En retenant votre souffle, vous dirigez le faisceau de l’activité consciente vers le centre respiratoire.
  • Par suite de l’arrêt de la respiration, les cellules, ne recevant plus d’apport d’air frais tentent d’extraire tout l’oxygène contenu dans l’air enfermé dans les alvéoles. Elle deviennent « affamées » d’oxygène.
  • Le taux de CO2 augmente dans le sang, ce qui excite puissamment le centre respiratoire, inhibé par la volonté.
  • Le corps doit s’adapter à la réaction vaso-motrice déclenchée par la dilatation du thorax pendant la rétention.
  • La rate se contracte puissamment et chasse les globules rouges qui y sont accumulés. Le nombre de globule rouges contenus dans un mm3 et qui est normalement de 5 à 5.6 millions, s’élève d’un million et plus.

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