Kumbhaka: la suspension du souffle

Kumbhaka signifie rétention du souffle, soit après l’inspir (antar kumbhaka), soit après l’expir (bahir kumbhaka). Il se présente sous deux formes: sahita kumbhaka, qui signifie rétention délibérée du souffle, ou kevala kumbhaka, où la suspension du souffle survient automatiquement. Kumbhaka peut aussi signifier suspension du souffle à n’importe quel stade du cycle respiratoire. (Extrait de Prana, Pranayama, Prana Vidya, p. 40 >>>)

Il fait partie des pratiques de pranayama; en fait, dans ses Yoga Sutras (Ch. 2), Patanjali fait équivaloir le pranayama à Kumbhaka.

Le but de toutes les pratiques de pranayama est de réaliser kevala kumbhaka, qui est l’équivalent de l’état de samadhi.

Kumbhaka n’a pas pour but d’intensifier l’absorption d’oxygène dans le courant sanguin. Les processus de diffusion des gaz entre les poumons et le courant sanguin dépendent surtout de la surface disponible pour la diffusion, de l’état de la membrane alvéolaire, et des pressions partielles des gaz des deux côtés de la membrane. Le facteur temps n’entre guère en jeu. Une fois égalisée la pression des gaz des deux côtés de la membrane, la diffusion s’arrête. Il s’ensuit qu’une rétention prolongée du souffle n’offre pas de réel avantage en terme d’absorption d’oxygène. Mieux, pendant kumbhaka, les niveaux d’oxygène baissent dans le corps et les niveaux de gaz carbonique augmentent. Le rythme de ce processus dépend de l’accélération de notre métabolisme et de notre niveau de détente ou de tension.

Le principale effet de kumbhaka est d’entraîner le système nerveux à tolérer des niveaux plus élevé de gaz carbonique dans le corps, avant que des signaux en provenance du rhinencéphale ne nous obligent à modifier notre respiration. Ceci peut paraître contradictoire, si l’on ne voit dans le pranayama qu’une simple méthode de respiration efficace. Cependant, le but principal du pranayama est de maîtriser le prana et le système nerveux central.

Il faut ajouter que des niveaux élevés de gaz carbonique dans le sang peuvent induire des états de conscience modifiés et des sentiments d’expansion, puis lors d’état extrêmes, la désorientation et l’hallucination.

Dans le cerveau, gisent à l’état latent quantité de capillaires sanguins qui attendent un afflux sanguin supplémentaire. Des taux accrus de gaz carbonique exercent un effet de dilatation sur les capillaires cérébraux qui, s’ouvrant en plus grand nombre, améliorent la circulation cérébrale. Notons que cet effet, positif jusqu’à un certain niveau optimal, devient nettement négatif si on l’outrepasse. En conséquence, on insiste toujours sur le fait que la pratique de kumbhaka doit être absolument menée sous la conduite d’un professeur expérimenté. Les niveaux métaboliques et l’activité cérébrale doivent être ajustés pour produire des conditions optimales; c’est à cette seule condition que kumbhaka devient positif.

On peut augmenter la période de kumbhaka au point où toutes les fonctions vitales semblent éteintes. A ce stade, le souffle peut être suspendu des jours d’affilée. On a vu des yogis se faire enterrer et demeurer plusieurs jours dans un état proche de l’hibernation, connu sous le nom de bhu samadhi.

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